Mes chers enfants…

Chers enfants,

Je n’irai plus dans l’urgence au petit magasin du coin où le jambon coûte plus cher que des nouveaux châssis pour vous préparer un pique-nique que vous n’allez pas vouloir à cause des sachets de bonbons que je vous ai autorisé à mettre sur le tapis roulant de la caisse. Mais c’est le seul moyen que j’ai trouvé pour que vous ayez l’air civilisé. Nous ne prendrons plus les vélos pour aller à la plaine de jeux. Comme ça aucun pneu ne se dégonflera sur le chemin. Ce qui n’entraînera plus immédiatement la déchéance des autres qui voudront soutenir leur frérot en abandonnant le leur. Ça m’empêcherait​ de devoir suer comme un sanglier en train de se faire chasser avec une draisienne sur le dos tout en poussant l’autre.
Vous aviez l’air tellement impatient d’y aller. On ne peut pas s’amuser ? M’aviez-vous demandé en faisant la file indienne devant la porte d’entrée, assis sur vos selles, prêt à foutre le camp. Moi au toilette, demandant à mes sphincters de faire vite sous peine de devoir récupérer le petit de trois ans sur la route, culotte sur les chevilles. Non, nous n’irons plus. C’était bien sympa mais non merci. Il n’y aura donc plus de sable dans la sandale droite, une botte qui fait mal, trop de soleil et vos lentes agonies me suppliant de rentrer sous peine de mourir atrocement, là entre le toboggan et l’asphalte. Vous ne pourrez plus m’abandonner sur le trottoir comme vous l’avez fait. Mais vous êtes bêtes… les bonbons, ils étaient dans le sac à dos que JE portais.

Votre mère, échouée dans le canapé (avec un bonbon dans la bouche).20157698_874972085984644_6527037447689425142_o

Quand un anaconda marron serpente le jardin…

« Oh dégueu maman ! Tu oses toucher ça ?? »

Ce n’est pas que j’ose. C’est que je n’ai pas le choix. Et je n’ai pas envie de garder en souvenir cette énorme crotte d’enfant en apprentissage fécal au pied de mon lit vois-tu.
Pourtant, envoyer mon fiston de 3 ans au stage sans lange a été une réussite. Pas un seul accident depuis mardi !!! J’ai même hésité à envoyer l’information à RTL et à son ancienne gardienne tellement j’étais fière de lui. Surtout que pour une fois je n’y étais pour rien. Je ne me mettais pas la pression. Je me disais simplement qu’il serait propre un jour, un peu avant ses 18 ans si tout se passerait bien. Je ne l’ai donc pas stimulé l’anus en lui proposant le petit pot vert clair toutes les heures. Je ne lui ai pas non plus lu une encyclopédie sur les sphincters avant de le mettre au lit. J’étais convaincue qu’il parviendrait à faire ses besoins com19956641_872316602916859_364773969779442195_ome tout le monde au toilette… quand il serait prêt. Je ne savais pas qu’il allait être prêt à chier dans le jardin en ponctuant l’acte par un « regarde maman… POUSSE !! » avant de lâcher un anaconda marron sur le sol. Juste à côté du trampoline. Devant les yeux apeurés de l’ainé qui hésitait à vomir sa boîte de raviolis de la veille.

Alors oui j’ai osé ramasser son oeuvre en utilisant autant de papier que lui quand il tente d’essuyer ses deux quartiers de pommes en prenant soin de laisser sa montagne de PQ parsemée de tâches de merde devant le WC. En même temps s’il avait rempli le pot, j’aurais quand même dû appeler un déboucheur pro avec camion et aspiration nucléaire. Tu ne sais pas où mettre tes doigts alors tu essaies de faire une boule en tirant sur les coins immaculés… ou pas. Bref fais ça vite en fermant les yeux et va te laver les mains. Tu ne trouveras aucune solution pour t’en sortir indemne.

T’as cru que je m’ennuyais quand j’ai posé mon confortable fessier sur la terrasse ?

Alors si on me pose la question à savoir : »est-ce qu’il est enfin propre ? ». Je répondrai naturellement et simplement, en trempant mes doigts dans le pot de Nutella, « qu’il n’a jamais été aussi crade »

Dur dur d’être maman…

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J’aurais dû commencer la journée par un café chaud et le sourire de voir mes trois petits monstres partir au stage. Le café était chaud mais mon sourire s’est vite retrouvé noyé.

Il ne voulait pas y aller. Il la répété depuis hier mais comme ce n’était pas un endroit inconnu et qu’il y avait déjà passé une semaine merveilleuse à préparer des pâtisseries, je me disais que tout allait bien se passer. Que c’était juste sa façon de me faire comprendre qu’il préférait glander devant le pc. Et puis il était avec ses frères quand même.

MOUAIS…

Apparemment pour lui, c’était comme une nouvelle première fois. Et comme à chaque première fois, ça l’angoisse. Mais pas angoissé gentil qui fait du boudin dans les jupes de sa mère et qui finit quand même par mettre ses sandales en soufflant. Mais plutôt Hulk en manque de Whisky.
Le voilà donc parti se cacher dans sa chambre refusant catégoriquement d’y aller. Qu’il restera là, pieds nus. Que ce n’est pas moi le chef. Ah bon.

Je ne veux pas céder. Ce ne serait pas un service à lui rendre, je le sais. Pourtant ce serait plus facile d’abandonner un combat si violent à 8h du mat. Ses frères ne comprennent pas ce qu’il se passe. Je vois dans le regard de Numéro 2 un peu de panique face à cette situation étrange qui prend des proportions hors nomes.

Il ne peut qu’assister à la scène grotesque qui se présente à lui. Sa mère pieds nus en train de mettre son grand frère de force dans la voiture et de l’empêcher d’en sortir. Pathétique n’est-ce pas.
Je n’aime pas ça. J’ai l’impression de le torturer et de l’envoyer au bagne.
Je me demande pourquoi ça doit être si compliqué. Si j’ai merdé quelque part. Si je dois faire quelque chose pour lui. Si c’est normal. Si ça va passer. Si c’est grave ou pas ? Si je m’en fais pour rien. Si c’est rien finalement.

Il va quand même tenter d’en sortir. Il frappera l’intérieur de la bagnole en criant toute son angoisse. Je lui répète que tout va bien se passer, qu’il est avec ses frères mais rien ne le rassure. Je n’ai plus rien de rassurant de toute façon. Je ne sais plus de quelle manière l’aider. Je suis obligée de refermer la portière en lui lançant un dernier « je t’aime, ça va aller… » pendant qu’il me crie en boucle un « JE N’Y VAIS PAS !!!!!! ».

La voiture s’en va. Mon coeur se tord devant une tasse de café qui n’a plus du tout la même saveur tout à coup.

Alors en fin de journée, quand il est rentré. J’ai guetté son sourire. Celui qui me confirmerait que j’avais eu raison. Et je l’ai vu.

« Je suis resté dehors tout seul… puis j’ai pris ma décision et j’ai été avec les autres. C’était trop bien ! »